Le Rocher du Diamant
Une faille traversante, et un ancien navire de guerre britannique
Commune : Le Diamant
Le Rocher du Diamant est le repère le plus reconnaissable du sud de la Martinique. Il sort de la mer à 176 mètres, seul, à deux kilomètres de la côte. Sous l'eau, il descend jusqu'à une soixantaine de mètres et offre une dizaine de parcours différents, du plus tranquille au plus engagé.
La faille, et ses jeux de lumière
C'est ce que la plupart des plongeurs viennent voir. Vers quinze à seize mètres, un passage traverse le rocher de part en part : deux à trois mètres de large, cinq à six mètres de hauteur, une vingtaine de mètres de long. On y entre d'un côté, on ressort de l'autre.
À l'intérieur, la lumière entre par les deux extrémités et se découpe dans le bleu. C'est court, et c'est la raison pour laquelle beaucoup de gens se souviennent de cette plongée-là plutôt que d'une autre.
Ce que vous croiserez
- Des tortues marines, souvent posées sur les plateaux.
- Des gorgones, sur les tombants.
- Des poissons-chirurgiens, des perroquets, des mérous, des empereurs.
- Des murènes dans les anfractuosités.
- Des langoustes et des crabes, cachés dans les failles.
Quel niveau pour plonger ici
Le rocher offre une dizaine de parcours entre la surface et une soixantaine de mètres. Il y a donc de quoi faire à tous les niveaux, chacun dans les profondeurs que son brevet autorise.
| Votre niveau | En autonomie | Encadré par un moniteur |
|---|---|---|
| Niveau 1 | — | Jusqu'à 20 m. La faille est à votre portée. |
| Niveau 2 | Jusqu'à 20 m | Jusqu'à 40 m |
| Niveau 3 | Jusqu'à 60 m | — |
Un Niveau 3 est autonome, c'est tout l'intérêt du brevet. Au-delà de 40 m il plonge en présence d'un directeur de plongée, et cette autonomie profonde s'exerce à partir de 18 ans.
Ces profondeurs sont celles des brevets français et ne dépendent pas du site. Le détail de chaque niveau est sur notre page des formations.
Le vrai point de vigilance
Le courant. Il peut être fort au Rocher du Diamant, et il ne se voit pas depuis le bateau. C'est précisément le genre de site où la connaissance du lieu et la lecture des conditions font la différence, et c'est le rôle du directeur de plongée de trancher le jour même.
Quand ce rocher a été classé navire de guerre
C'est le seul rocher à avoir reçu une telle désignation militaire, et l'histoire est parfaitement documentée.
Le 7 janvier 1804, en pleine guerre napoléonienne, le contre-amiral britannique Samuel Hood s'empare de l'îlet depuis son vaisseau, le HMS Centaur. Ses hommes hissent cinq canons jusqu'au sommet, trois de vingt-quatre livres et deux de dix-huit. De là-haut, ils tiennent le canal de Sainte-Lucie et harcèlent les navires français qui entrent en Martinique.
La Royal Navy inscrit alors le rocher dans sa flotte sous le nom de HMS Diamond Rock, avec un lieutenant pour le commander, le lieutenant Maurice, et cent sept hommes.
Ils tiendront dix-sept mois. Ils dorment dans les grottes, élèvent des chèvres, des pintades et des poules, et font monter leur ravitaillement à la corde et à la poulie.
En 1805, le gouverneur Villaret de Joyeuse convainc l'amiral Villeneuve d'en finir. Le capitaine Cosmao-Kerjulien mène l'assaut. Les citernes du rocher sont fissurées : privée d'eau et de vivres, la garnison se rend le 2 juin 1805.
Des pièces d'artillerie anglaises sont toujours sur l'îlet, et se voient depuis le bourg du Diamant. Vous plongez donc autour d'un rocher qui a porté un nom de navire pendant dix-sept mois, et qui garde encore ses canons.
Une réserve naturelle depuis 1994
Le rocher est protégé par un arrêté de protection de biotope depuis le 1er mars 1994. Le débarquement y est interdit : c'est un sanctuaire pour les oiseaux marins.
Il abrite le noddi brun, la sterne bridée, le paille-en-queue, et c'est le principal dortoir de frégates superbes de la Martinique. On plonge autour, on ne monte pas dessus. En surface, avant la mise à l'eau, c'est souvent le ballet des oiseaux qu'on regarde.